Création d'entreprise au Sénégal — Guide pratique
Créer une entreprise au Sénégal : statut, APIX, impôts
Créer une entreprise au Sénégal prend peu de temps quand le dossier est prêt ; ce qui fait la différence, c'est le choix du statut et du régime fiscal dès le départ, parce qu'ils conditionnent vos coûts pendant des années.
Que vous lanciez un commerce à Dakar, un atelier à Thiès, une activité de services à Saint-Louis ou un projet depuis la diaspora, la création d'entreprise au Sénégal s'inscrit dans le droit OHADA, commun à dix-sept pays d'Afrique. Le Sénégal a mis en place un guichet unique au sein de l'APIX (Agence pour la promotion des investissements et des grands travaux) pour regrouper les formalités, et l'administration fiscale propose désormais une grande partie de ses démarches en ligne.
Ce guide vous aide à choisir votre forme juridique, à préparer votre dossier, à comprendre les premières obligations fiscales et à éviter les erreurs de démarrage. Les montants et délais officiels évoluent : confirmez-les auprès de l'APIX, de l'ADEPME et de la DGID avant de déposer votre dossier.
Entreprise individuelle, SUARL ou SARL : quel statut choisir ?
L'entreprise individuelle est la forme la plus simple : vous exercez en votre nom propre, sans capital social ni statuts. Les formalités et les coûts sont réduits, mais votre patrimoine personnel répond des dettes de l'entreprise. Elle convient bien à un commerce de proximité, un artisan ou un prestataire qui démarre seul avec peu d'investissement.
La SUARL (SARL unipersonnelle) permet d'entreprendre seul en créant une société distincte de vous, ce qui sépare en principe votre patrimoine de celui de l'entreprise. La SARL fonctionne sur le même modèle avec plusieurs associés. Ces sociétés demandent des statuts, un capital social et une gestion plus formalisée, mais elles rassurent davantage banques, grands clients et partenaires. La SAS offre plus de souplesse dans l'organisation, utile si vous prévoyez d'accueillir des investisseurs.
Le droit OHADA prévoit aussi le statut de l'entreprenant, destiné aux très petites activités : une simple déclaration au registre du commerce et du crédit mobilier (RCCM), des obligations comptables allégées et des seuils de chiffre d'affaires fixés par chaque État. C'est une porte d'entrée intéressante pour formaliser une activité informelle. Le montant du capital minimum des sociétés et les seuils de l'entreprenant sont fixés par les textes en vigueur : faites-les confirmer par l'APIX.
Créer une société au Sénégal via le guichet unique de l'APIX
Le guichet unique de l'APIX a été conçu pour regrouper en un seul lieu les formalités de création, à commencer par l'immatriculation au RCCM ; demandez-lui la liste exacte des démarches prises en charge. La DGID précise que, pour les créateurs qui passent par l'APIX ou par l'ADEPME, la demande de NINEA est transmise directement par ces agences à l'administration fiscale, ce qui évite des déplacements.
Préparez votre dossier avant le rendez-vous : pièce d'identité, justificatif de l'adresse du siège (contrat de bail ou titre de propriété), description précise de l'activité, et pour une société, projet de statuts, identité des associés et du gérant, preuve du dépôt du capital selon la forme choisie. Certaines activités (santé, transport, alimentaire, services financiers) exigent des autorisations sectorielles supplémentaires.
Si vous êtes dans la diaspora, renseignez-vous sur les possibilités de représentation par mandataire et sur les pièces à légaliser. Un conseil juridique local ou un cabinet d'expertise comptable peut constituer le dossier pour vous, moyennant honoraires : demandez un devis détaillé qui distingue frais officiels et prestations.
NINEA et déclaration d'existence : vos premières obligations fiscales
Le NINEA est le numéro unique qui identifie votre entreprise dans le répertoire national des contribuables et des établissements. Selon la fiche officielle de la DGID, la demande comprend une demande manuscrite, une copie de la pièce d'identité, un timbre fiscal de 2 000 FCFA, une copie du certificat d'immatriculation au registre du commerce, une copie du bail ou du titre de propriété du lieu d'activité, et les statuts pour une société. En dehors du timbre, la délivrance est gratuite et prend environ trois jours.
La DGID rappelle ensuite une étape souvent oubliée : la déclaration d'existence, à déposer dans les 20 jours suivant le début de l'activité, conformément à l'article 633 du Code général des impôts. C'est elle qui vous place officiellement dans le bon régime fiscal et qui vous permet d'accéder aux services en ligne.
La DGID propose une démarche de formalisation en ligne via sa plateforme DGID-digitale, et la télédéclaration et le télépaiement via SENTAX. Créez vos accès dès le départ : vous gagnerez du temps à chaque échéance.
Choisir son régime fiscal : réel ou Contribution globale unique
Selon la DGID, la Contribution globale unique (CGU) est un régime simplifié destiné aux personnes physiques exerçant une activité commerciale, artisanale ou de prestation de services dont le chiffre d'affaires annuel toutes taxes comprises n'excède pas 50 millions de FCFA. Elle regroupe plusieurs impôts en un seul paiement, avec des taux différents pour les commerçants et les prestataires. La DGID met à disposition un simulateur pour estimer le montant dû.
Au-delà de ce seuil, ou si vous créez une société, vous relevez en principe du régime du réel, avec une comptabilité complète, l'impôt sur les sociétés pour les sociétés et la TVA, dont le taux normal est de 18 %. Le réel demande plus de rigueur mais permet de déduire vos charges réelles.
Le choix entre entreprise individuelle sous CGU et société au réel dépend donc de vos marges, de vos investissements et de vos clients. Un grossiste à faible marge et un consultant à forte marge n'ont pas intérêt au même régime. Faites une simulation avec un comptable avant de trancher.
Banque, accompagnement et premiers mois d'activité
Ouvrez un compte bancaire ou un compte de paiement mobile dédié à l'entreprise dès l'immatriculation, et facturez systématiquement. Des encaissements traçables vous serviront pour vos déclarations, mais aussi pour démontrer votre activité à une banque ou à un programme de financement.
L'ADEPME, agence publique d'appui aux PME, accompagne les porteurs de projet dans la formalisation juridique et administrative, la structuration de l'entreprise et l'accès au financement. Renseignez-vous aussi auprès des chambres consulaires et des programmes publics de financement de l'entrepreneuriat, dont les conditions changent régulièrement.
Pendant les six premiers mois, concentrez-vous sur trois indicateurs : le nombre de clients payants, la marge réelle par vente et la trésorerie disponible. Les briefings WOW Mentor associés, en audio anglais avec transcription complète, décortiquent comment des entrepreneurs de marchés émergents ont trouvé leurs premiers clients et bâti des habitudes de gestion solides.
Checklist du jour
- 1.Choisir entre entreprise individuelle, entreprenant, SUARL, SARL ou SAS selon vos risques et vos projets
- 2.Préparer pièce d'identité, bail du siège, description d'activité et projet de statuts
- 3.Déposer le dossier au guichet unique de l'APIX ou vous faire accompagner par l'ADEPME
- 4.Obtenir le NINEA et déposer la déclaration d'existence dans les 20 jours suivant le démarrage
- 5.Choisir votre régime fiscal (CGU ou réel) et créer vos accès DGID-digitale et SENTAX
Briefings associés
Audio en anglais avec transcription complète.
Questions fréquentes
Combien coûte le NINEA au Sénégal ?
Selon la DGID, la délivrance du NINEA est gratuite, en dehors d'un timbre fiscal de 2 000 FCFA joint au dossier. Le délai indiqué est d'environ trois jours.
Qu'est-ce que la CGU au Sénégal ?
La Contribution globale unique est un régime fiscal simplifié pour les personnes physiques exerçant une activité commerciale, artisanale ou de services, dont le chiffre d'affaires annuel TTC ne dépasse pas 50 millions de FCFA, selon la DGID.
Peut-on créer une entreprise au Sénégal depuis l'étranger ?
C'est généralement possible en passant par un mandataire ou un cabinet local, avec des pièces éventuellement légalisées. Renseignez-vous auprès de l'APIX sur les modalités exactes et les documents acceptés.
Les briefings WOW Mentor sont-ils en français ?
Non. Les guides écrits sont gratuits et en français, mais les briefings audio sont en anglais (et en coréen), avec la transcription complète de chaque épisode.